L’organisation mondiale pour la santé (OMS), en date du 30 janvier 2020 déclarait l’urgence sanitaire mondiale du fait de la maladie à Coronavirus, Covid 19. L’évolution de la maladie hors des frontières chinoises va vite donner raison à l’agence des Nations Unies.

Le 09 mars dernier, notre pays le Burkina Faso, enregistrait à son tour concomitamment ses deux premiers cas. En moins de deux semaines, le pays enregistre officiellement 33 cas dont un décès. Du point de vue épidémiologique, et sans complaisance, le Burkina passe au stade 3 de crise ce qui signifie que le virus n’est plus maitrisable dans la mesure où les cas sources se sont multipliés et échappent à tout contrôle. Les cas confirmés actuellement sont de sources différentes justifiant donc la pluralité des foyers dans la ville de Ouagadougou voire, dans le pays.

Si comparaison n’est pas raison, s’inspirer des exemples des autres pour prévenir le pire paraît autant salutaire qu’impératif. Les pays européens quoique bien développés, n’ont pas pu bâtir un système de santé à même de résister à la pandémie du COVID 19. Tirant ainsi leçon, la Côte d’Ivoire, après avoir confirmé 6 cas, le 16 mars, a pris une batterie de mesures à même, sinon d’arrêter, du moins limiter la propagation du virus au sein de la population. Le rapport du Conseil des Ministres de la République du Mali, en date du 17 mars, fait état aussi des mesures vigoureuses prises par le gouvernement pour empêcher la propagation du virus sur le territoire.

Dans notre pays, et principalement à Ouagadougou, l’hypothèse de l’existence de plusieurs foyers de transmission du virus n’est plus à vérifier. La croissance exponentielle des cas confirmés est un fait. Mais en face : une population dont les habitudes n’ont pas changé, un système de santé qui ne connait pas de réajustement

de circonstance et pire, est affaibli davantage par un mouvement de grève des agents de santé.

Habitudes inchangées des populations : les anniversaires se fêtent toujours, les lieux de cultes sont fréquentés, les populations se rendent visitent, les maquis refusent du monde, les salamalec d’usage (se serrer les mains, se donner des accolades, …) sont restés les mêmes, les marchés évoluent toujours au même rythme, les transports en commun continuent de fonctionner, etc.. Tout va comme à l’accoutumée alors qu’il faut bien se rendre à l’évidence que la menace est d’un tel niveau que nous ne pouvons continuer à vivre comme à l’accoutumée actuellement au Burkina. Nous semblons, autorité et populations n’avoir pas pris la vraie mesure de la gravité du problème.

Un système de santé non réajusté : le premier niveau de consultation demeure le Centre de santé et promotion sociale (CSPS) à Ouagadougou. Dans ces CSPS, malheureusement, il n’existe aucun dispositif fiable de prévention et de contrôle des infections (PCI), dans la ville comme au niveau périphérique, une multitude de formations sanitaires privées non contrôlées continuent de prester sans évidemment le moindre dispositif de PCI et les CSPS manquent crucialement de logistiques pour faire face à la crise.

Du reste cette situation de crise sanitaire est couplée avec la grève dans les services publics dont les centres de santé. Les CSPS sont fermés dans les périphéries alors qu’ils sont les premiers contacts des populations en cas de manifestation de la maladie.  

Il est important à ce stade, que des mesures plus vigoureuses soient prises non seulement au niveau individuel mais aussi au niveau institutionnel. Et c’est pourquoi, nous, organisations de la société civile burkinabè membres de la Plateforme Démocratie Sanitaire et Implication Citoyenne, proposons :

  • Au niveau individuel

En attendant un leadership national, qui impulse le changement de comportement dans les habitudes, que chaque famille, chaque individu prenne réellement conscience de sa responsabilité première à se protéger et à protéger ses proches en observant les mesures d’hygiène requises (éviter au maximum les contacts physiques, éternuer et/ou se moucher en évitant d’éclabousser toute personne ou tout objet dans les alentours, se désinfecter systématiquement les mains après tout contact extérieur non rassurant, éviter d’organiser des manifestations de tout genre qui rassemble des gens peu importe leur nombre peu importe d’où ils viennent ;

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