Enseignement tiré du webinaire : Tirer parti du 8e cycle de subventions du Fonds mondial pour la santé des femmes, des enfants et des adolescents » — 3 septembre 2026
Alors que les financements internationaux pour la santé se contractent, le 8ᵉ cycle de subvention du Fonds mondial apparaît comme une opportunité stratégique pour renforcer l’intégration de la santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents (SRMNCAH) dans les réponses nationales au VIH, à la tuberculose et au paludisme. C’est tout l’enjeu du webinaire organisé le 3 septembre 2026, qui a réuni des acteurs institutionnels, techniques et communautaires autour d’une même question : comment tirer pleinement parti du GC8 pour ne laisser aucune priorité essentielle de santé en marge ?

Une opportunité de financement à ne pas laisser passer
Le 8ᵉ cycle de subvention du Fonds mondial intervient dans un contexte particulièrement difficile pour le financement de la santé. Pour la période 2026-2028, le Fonds mondial a confirmé une allocation globale de 10,78 milliards de dollars US aux pays à revenu faible et intermédiaire. Au moment du webinaire, plusieurs pays étaient déjà engagés dans la préparation ou la finalisation de leurs demandes de financement.
Pourtant, cette opportunité comporte également un risque : celui de voir les priorités liées à la santé des femmes, des enfants et des adolescents rester périphériques dans des demandes principalement structurées autour du VIH, de la tuberculose et du paludisme.
Comme l’a souligné Rajat Khosla, directeur exécutif du PMNCH, les besoins en santé sexuelle et reproductive, en santé maternelle, néonatale et infantile ou encore en santé des adolescents ont trop souvent été insuffisamment visibles dans les cycles précédents.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les besoins demeurent considérables, comme l’illustrent les chiffres présentés plus haut.
| Le GC8 doit être considéré comme un levier d’intégration et de transformation des systèmes de santé, et non comme une simple opportunité de financement supplémentaire. |
Dépasser les approches en silos
L’un des principaux enseignements du webinaire est la nécessité de rompre avec une approche fragmentée des problèmes de santé.
Une même femme peut être confrontée simultanément au VIH, à une grossesse non désirée, à des besoins de contraception, à des risques liés à la grossesse ou encore à des violences basées sur le genre. De la même manière, les plateformes de soins maternels et infantiles peuvent constituer des points d’entrée pour le dépistage et la prévention du VIH, de la tuberculose et du paludisme.
L’intégration permet ainsi de rapprocher plusieurs interventions au sein d’un même parcours de soins. Les consultations prénatales et postnatales, les soins pendant l’accouchement, les soins néonatals ainsi que les services communautaires pour les enfants et les adolescents constituent autant de plateformes permettant de faire converger ces interventions.
Pour Adeniyi Aderoba, de l’OMS, l’enjeu est précisément de construire des parcours où plusieurs besoins peuvent être pris en charge de manière cohérente, tout en améliorant la qualité des soins, les systèmes de données, les ressources humaines, l’équité et la résilience des systèmes de santé.
L’expérience présentée au cours du webinaire montre d’ailleurs que cette intégration est réalisable. Un exemple cité a montré qu’une prise en charge intégrée pouvait permettre, dès la première consultation prénatale, de combiner dépistage du VIH, initiation du traitement antirétroviral et prévention de la transmission mère-enfant.
| L’enjeu n’est donc plus de démontrer que l’intégration est possible, mais de déterminer comment la financer, la planifier et la maintenir à l’échelle. |
Les communautés : de bénéficiaires à véritables acteurs
Autre message fort du webinaire : la participation communautaire ne peut pas être réduite à une simple composante d’un programme.
Les échanges ont montré que l’implication des communautés doit intervenir suffisamment tôt dans le processus de développement des demandes de financement et se poursuivre jusqu’à la négociation et à la mise en œuvre.
L’expérience de l’Ouganda présentée par Lillian Mavareko, de l’International Community of Women Living with HIV, illustre concrètement cette approche. La participation des organisations communautaires aux consultations régionales, aux dialogues nationaux et au processus de rédaction a permis d’apporter des données issues du suivi communautaire ainsi que les expériences vécues par les femmes et les jeunes.
Cette contribution est essentielle car les communautés permettent de rendre visibles des obstacles qui risquent autrement de rester insuffisamment documentés : stigmatisation, problèmes de confidentialité, ruptures de stock, faiblesse des mécanismes d’orientation ou encore difficultés d’accès à des services adaptés aux femmes et aux adolescents.
Au Tchad également, l’expérience présentée par Dr Ali Bazigue, membre du CCM et acteur de la société civile, a mis en avant la nécessité de placer les communautés au cœur des discussions et de promouvoir des soins intégrés répondant aux besoins des femmes, des jeunes et des enfants.
Lire l’article complet ici : https://mailchi.mp/rame-int.org/bulletin-dinformation-n008-2026-la-durabilite-la-transition-et-le-co-financement-18005347